Championnat de ligue d’Occitanie des jeunes

Mercredi 6 mars, Esteban, sa maman Amandine et son entraîneur Patrick partaient vers le Cap d’Agde pour y disputer les championnats individuels jeunes d’Occitanie.

Les championnats des U8 (petits poussins) et des U10 (poussins) ne commençaient que jeudi 7 mars mais, pour confirmer la présence des joueurs auprès des arbitres avant 9h45 le jeudi matin, il valait mieux arriver la veille pour repérer les lieux et récupérer des fatigues du voyage.

Après confirmation de la présence des candidats et l’édition des appariements de la première ronde, on apprit qu’Esteban jouerait à la table 8 avec les blancs.

Mais la seule question qui semblait préoccuper Esteban était de savoir s’il serait obligé de noter la partie “comme les grands”.

L’arbitre annonça que ce serait bien d’essayer de noter, même s’il y avait quelques erreurs de notation, mais déclara que chez les petits-poussins on ne sanctionnerait pas ceux qui ne savaient pas noter.

En fait, Esteban a appris à noter les parties au club (et donc il savait noter) mais il ne voulait pas noter (car il pensait peut-être que cela lui ferait perdre du temps ) . Les paroles de l’arbitre valant autorisation de ne pas noter, Esteban (qui disposait de 50 minutes avec un rajout de 10 secondes par coup) en profita pour essayer de gagner en jouant plus vite que son adversaire au lieu de prendre le temps d’observer et de réfléchir avant d’agir.

Et ce qui devait arriver arriva : moins d’un quart d’heure après le coup d’envoi de la ronde, Esteban sortit de la salle de jeu, la mine défaite , et vint m’annoncer qu’il avait perdu. Je lui demandai alors sa feuille de partie pour analyser avec lui les causes de sa défaite. Pas de feuille de partie!…

Les conditions de compétition sont contraignantes : prendre en compte le stress procuré par la pendule et la notation rendent la tâche plus compliquée pour un enfant de sept ans. Mais sans feuille de notation, impossible d’analyser ses erreurs ! (car les accompagnateurs, parents et entraîneurs , doivent évacuer la salle de jeu avant le début des parties pour la tranquillité des arbitres et des enfants)

J’ai bien essayé de convaincre Esteban de l’utilité de noter en lui montrant l’exemple du jeune Gaëtan Lemoine du club de Vic en Bigorre qui a noté -certes imparfaitement- sa partie jusqu’à l’abandon de son adversaire (qui avait eu jusqu’à une tour et 2 cavaliers de retard mais qui a fini par gagner) mais cela n’a pas influé sa décision de ne pas noter …

Et le résultat de la 2e ronde fut identique au résultat de la 1ère ronde : au bout de moins d’un quart d’heure Esteban vint m’annoncer qu’il avait encore perdu (il devait avoir utilisé moins d’un cinquième du temps alloué et ce n’est pas le temps perdu à noter qui avait pu le retarder !…)

Après 2 rondes, Esteban pointait à la 29e place … sur 29 !

Ce qui lui permit de marquer son premier point par exemption lors de la 3e ronde. Au soir de la première journée, la maman d’Esteban (contre le gré de son fils) me demanda de faire travailler les échecs à Esteban (qui avait négligé de participer à l’entraînement d’avant championnat, dispensé à Auch le samedi 2 mars, et n’avait pas participé au tournoi organisé par le club les 16 et 17 février).

Mieux vaut tard que jamais ! J’accédai à la demande d’Amandine et installai jeu, pendule (réglée comme dans la salle de jeu, pour mesurer le temps utilisé pour jouer et noter) et … les feuilles de partie. Après une vingtaine de coups (parfaitement notés car Esteban sait noter quand il veut bien s’en donner la peine) Esteban n’avait toujours pas perdu ! Et il lui restait restait encore plus de 30 minutes à sa pendule ! Preuve qu’il aurait pu noter depuis le début, sans perdre au temps…

Voyant qu’il était fatigué (plus par toutes les activités physiques qu’il avait pratiquées que par moins d’une heure devant un échiquier ) nous décidâmes d’un commun accord que ce n’était pas nécessaire de prolonger un entraînement qui n’avait pourtant pas duré plus de 30 à 40 minutes. La preuve était faite qu’Esteban était capable de noter et de jouer tranquillement quand il jouait face à un adulte.

Mais la ronde 4, notée cette fois, fut jouée au même rythme que les deux premières ! Et, au moment de l’analyse, j’avais au moins le déroulement de la partie sous les yeux . Jamais, depuis que je connais Esteban, je ne l’ai vu enchaîner autant de fautes d’inattention ! Il a laissé à son adversaire un cavalier qu’il aurait aurait pu lui prendre à 3 reprises il a mis en prise une tour (alors qu’il pouvait chasser le fou actif de son adversaire). Bref, s’il avait fait exprès de perdre, il n’aurait pas joué autrement ! Je me demande même , en le voyant rigoler au moment de l’analyse, s’il n’a pas voulu me faire passer le message suivant : “tu vois ce qu’il se passe quand je note? je joue n’importe quoi ! alors laisse moi faire comme je veux !”

Donc je n’ai pas insisté ; j’ai bien compris que les échecs n’étaient pas sa priorité ; et pendant les 3 dernières rondes, puisque l’objectif de la qualification était désormais inaccessible, je n’ai plus demandé quoi que ce soit (ni notation ni analyse). Et ce sont les 3 seules parties qu’il a gagnées (dont la dernière , face à son nouveau copain Gaëtan Lemoine) sur les 6 qu’il a disputées.

Dommage qu’il n’ait pas investi le jeu d’échecs comme il a investi le tennis car je reste persuadé qu’il avait le potentiel pour faire beaucoup mieux que ce qu’il a fait ; il reste néanmoins des éléments positifs : l’expérience acquise peut servir de base d’amélioration, si par cas il devait se qualifier l’an prochain. Car Esteban est en première année de petit poussin  et, avec une année de maturation supplémentaire, il pourrait être en position de force l’an prochain.

Mais s’il n’a pas l’envie de progresser et qu’il ne fait pas ce qu’il faut pour, personne ne peut décider à sa place de son avenir dans ce sport exigeant ; le talent et les aptitudes sont une chose, le “travail” et l’entraînement en sont une autre ! En tant que compétiteur au tennis, il sait bien qu’il n’aurait pas le niveau qu’il a sans s’entraîner…

A part cela, petit rappel de notre calendrier :

-dimanche 17/03 : sixième journée de championnat de ligue 1 avec la réception de l’équipe de Condom 3

-dimanche 24/03: Tournoi rapide Gilbert Rouède à Auch (4e édition)

-dimanche 31/03: septième et dernière journée de championnat avec un déplacement à Condom.

Un mois de mars bien chargé va s’achever et, à partir d’avril, va commencer la saison des tournois individuels  lents (comme à Tarbes le weekend de Pâques), ou  rapides (comme à Castelsarrasin).

A bientôt, amis lecteurs !